Atelier : créer vos propres workflows de prompts
Mis à jour le 29 juillet 2026
Atelier : créer vos propres workflows de prompts
Vous avez les techniques, les templates et la bibliothèque. Il reste une marche à franchir : assembler tout cela en workflows. Un workflow est une séquence de prompts interconnectés qui couvre un processus entier, de la première recherche au livrable final. C’est ce qui sépare l’usage à la tâche — un prompt, un résultat, et l’on repart de zéro le lendemain — d’un véritable système de production que vous rejouez chaque semaine sans réfléchir.
La logique de la chaîne
Dans un workflow, chaque étape produit un résultat qui devient l’entrée de la suivante. Pensez à une recette de cuisine : chaque geste transforme les ingrédients et prépare le suivant, et l’ordre n’est pas négociable. Concrètement, là où vous aviez un prompt isolé, vous obtenez une chaîne du type recherche, puis structuration, puis rédaction, puis optimisation, jusqu’au livrable. Le gain ne vient pas seulement du temps économisé : il vient de la qualité, parce que chaque étape travaille sur une matière déjà dégrossie et validée au lieu de tout reprendre à la racine.
Le workflow séquentiel
C’est la forme la plus courante et la plus simple à mettre en place. Chaque maillon dépend strictement du précédent, ce qui vous donne un point de validation naturel entre deux étapes — vous pouvez arrêter, corriger, repartir. Le workflow de création d’article ci-dessous en est l’illustration type : l’angle est arbitré avant le plan, le plan avant la rédaction, et l’optimisation ne vient qu’en dernier, lorsque le texte existe et qu’il y a quelque chose à optimiser.
ÉTAPE 1 — Recherche et angle :
Tu es un content strategist. Pour le sujet "[SUJET]" destiné à
[PERSONA], propose 3 angles originaux. Pour chaque angle, indique :
- Le titre provisoire
- L'intention de recherche ciblée
- Ce qui le différencie des articles existants
ÉTAPE 2 — Plan détaillé (après choix de l'angle) :
L'angle retenu est : [ANGLE CHOISI]
Crée un plan détaillé avec :
- H1 optimisé SEO
- Structure H2/H3 avec le contenu clé de chaque section
- Estimation du nombre de mots par section
- Points de données ou exemples à inclure
ÉTAPE 3 — Rédaction (section par section) :
Rédige la section "[TITRE H2]" en suivant le plan.
Ton : [TON DÉFINI]. Longueur : [NOMBRE] mots.
Inclus l'exemple suivant : [EXEMPLE]
Transitions fluides avec la section précédente.
ÉTAPE 4 — Optimisation finale :
Relis l'article complet et :
1. Vérifie la cohérence du ton et du style
2. Ajoute les mots-clés secondaires manquants : [LISTE]
3. Optimise l'introduction pour accrocher en 2 lignes
4. Vérifie que chaque section apporte une valeur unique
5. Rédige la meta description (155 caractères)
Le workflow parallèle
Quand les tâches sont indépendantes, rien ne justifie de les enchaîner : vous ouvrez plusieurs conversations simultanées, chacune avec son rôle, et vous ne les faites converger qu’à la fin. Un lancement produit s’y prête particulièrement, parce que le messaging, le contenu et le kit commercial n’ont pas besoin les uns des autres pour avancer — à condition de vérifier ensuite qu’ils racontent bien la même histoire.
BRANCHE A (conversation 1) — Messaging :
Tu es un product marketing manager.
Crée le messaging framework pour [PRODUIT] :
- Proposition de valeur principale
- 3 messages clés par persona
- Elevator pitch (30 secondes)
BRANCHE B (conversation 2) — Contenu :
Tu es un content manager.
Planifie le contenu de lancement :
- Article de blog d'annonce
- 5 posts LinkedIn (1 par jour)
- Email d'annonce aux clients existants
- FAQ produit (10 questions)
BRANCHE C (conversation 3) — Commercial :
Tu es un directeur commercial.
Prépare le kit de vente :
- Battle card vs concurrents
- Objections courantes et réponses
- Script de démo (15 minutes)
- Email de prospection
CONSOLIDATION :
Voici les résultats des 3 branches. Vérifie la cohérence
des messages entre tous les documents et signale les écarts.
L’étape de consolidation n’est pas une formalité administrative : elle rattrape les divergences que le travail en parallèle produit nécessairement — la proposition de valeur de la branche A qui ne ressemble plus tout à fait à celle du script de démo de la branche C.
Le workflow itératif
Ici, la même tâche est reprise sous plusieurs angles, puis les meilleurs éléments sont fusionnés. La méthode convient aux livrables où le point de vue détermine la réussite : un pitch, une note de cadrage, un argumentaire. Chaque itération éclaire une facette que les autres laissent dans l’ombre, et la synthèse finale récupère ce que chacune a produit de meilleur.
ITÉRATION 1 :
Tu es un storyteller. Rédige un pitch de 2 minutes pour [PRODUIT]
en utilisant la structure "problème - solution - preuve".
ITÉRATION 2 :
Tu es un investisseur VC. Rédige le même pitch mais en insistant
sur le marché et le business model.
ITÉRATION 3 :
Tu es un client potentiel. Rédige le même pitch mais du point de vue
des bénéfices concrets pour l'utilisateur.
SYNTHÈSE :
Voici 3 versions du pitch. Combine les meilleurs éléments de chaque
version pour créer le pitch final. Prends le storytelling de V1,
les chiffres business de V2 et les bénéfices client de V3.
Concevoir le vôtre
Commencez par choisir le bon candidat : un processus que vous répétez et qui vous coûte du temps. Trois questions suffisent à le débusquer — quelle tâche me prend plus de trente minutes chaque semaine, quel processus suit toujours les mêmes étapes, où est-ce que je perds le plus de temps en reformatage ou en itérations ? Cartographiez ensuite le processus tel que vous le pratiquez aujourd’hui, et non tel que vous croyez le pratiquer : notez pour chaque étape ce qu’elle consomme et ce qu’elle produit.
Mon processus actuel pour [TÂCHE] :
1. [ÉTAPE] -> produit [LIVRABLE]
2. [ÉTAPE] -> produit [LIVRABLE]
3. [ÉTAPE] -> produit [LIVRABLE]
...
Il ne reste alors qu’à écrire un prompt dédié par étape, en mobilisant les techniques du cours — rôle, contraintes, format, few-shot selon les besoins. Exécutez ensuite le workflow complet sur un cas réel et notez chaque friction au fur et à mesure : c’est ce passage grandeur nature, et lui seul, qui révèle les prompts trop vagues et les enchaînements qui ne s’accrochent pas. Corrigez, puis documentez la version finale.
Un workflow complet : la proposition commerciale
Voici une chaîne prête à l’emploi, que vous pouvez adapter à votre offre. Observez comment chaque étape se nourrit explicitement de la précédente : le profil alimente l’analyse des besoins, qui alimente la proposition, qui alimente l’email d’envoi. Aucun maillon ne redémarre à vide.
ÉTAPE 1 — Recherche client :
Tu es un commercial B2B. Analyse le profil de [ENTREPRISE] :
- Secteur et taille
- Enjeux business probables
- Mots-clés de leur communication (site web, LinkedIn)
Résume en 10 lignes ce qu'il faut savoir pour personnaliser
notre approche.
ÉTAPE 2 — Identification des besoins :
Basé sur ce profil, identifie :
- Les 3 problèmes que notre [PRODUIT] résout pour eux
- Les bénéfices chiffrables (temps gagné, coûts réduits, etc.)
- Les objections probables
ÉTAPE 3 — Rédaction de la proposition :
Rédige une proposition commerciale structurée :
1. Page de couverture (titre personnalisé)
2. Contexte et compréhension des enjeux (montrer qu'on les connaît)
3. Solution proposée (fonctionnalités pertinentes seulement)
4. Bénéfices attendus (chiffrés)
5. Méthodologie de déploiement
6. Investissement et conditions
7. Prochaines étapes
ÉTAPE 4 — Email d'envoi :
Rédige l'email d'accompagnement de la proposition.
Court (80 mots), personnalisé, avec un rappel du besoin identifié
et une proposition de rendez-vous pour discuter de la proposition.
Votre premier workflow
Passez à la pratique avec un processus que vous connaissez par cœur, pour que votre attention porte sur la mécanique de la chaîne et non sur le contenu.
EXERCICE : Créez un workflow pour [CHOISISSEZ UNE TÂCHE PARMI] :
a) Préparer une réunion client de A à Z
b) Produire un rapport hebdomadaire complet
c) Onboarder un nouveau collaborateur
d) Lancer une campagne marketing
Étape 1 : Listez les 4 à 6 étapes de votre processus
Étape 2 : Pour chaque étape, identifiez l'input et l'output
Étape 3 : Rédigez le prompt de la première étape
Étape 4 : Testez-le et affinez
Étape 5 : Passez à l'étape suivante, en injectant le résultat
de l'étape précédente comme contexte
Une fois la chaîne complète, éprouvez-la trois fois avec des cas différents. C’est le seul moyen de savoir si elle tient hors du cas particulier qui a servi à la construire — un workflow calibré sur un unique client se brise souvent au deuxième.
Documenter pour ne pas recommencer
Un workflow que vous n’avez pas fiché sera oublié d’ici trois semaines, et vous le reconstruirez en moins bien. Cinq minutes de documentation suffisent à le rendre réutilisable par vous, et transmissible à un collègue qui n’assistait pas à sa conception.
NOM DU WORKFLOW : [nom]
OBJECTIF : [ce qu'il produit]
TEMPS ESTIMÉ : [durée d'exécution]
NOMBRE D'ÉTAPES : [X]
Étape 1 : [titre] — prompt dans [emplacement]
Input : [ce dont on a besoin]
Output : [ce qu'on obtient]
Étape 2 : [titre] — prompt dans [emplacement]
Input : [résultat de l'étape 1]
Output : [ce qu'on obtient]
...
NOTES : [astuces, pièges à éviter, variantes possibles]
Deux dérives menacent ensuite vos workflows. La première est l’inflation : au-delà de six ou sept étapes, plus personne ne les exécute jusqu’au bout, et l’on retombe dans l’improvisation à mi-parcours ; il faut alors simplifier ou scinder en sous-workflows. La seconde est plus insidieuse — des étapes mal reliées, où le prompt ne référence pas explicitement le résultat de la précédente. Ne comptez jamais sur le modèle pour faire le lien tout seul : écrivez-le, à chaque maillon.
Points clés à retenir
- Un workflow de prompts enchaîne plusieurs prompts pour automatiser un processus complet.
- Trois types de workflows : séquentiel, parallèle et itératif.
- Concevez vos workflows en 5 étapes : identifier, cartographier, concevoir, tester, optimiser.
- Documentez chaque workflow avec ses étapes, inputs et outputs pour le réutiliser facilement.
- Commencez par un workflow simple de 3-4 étapes et ajoutez de la complexité progressivement.
Testez vos connaissances
Avant l’atelier final, un contrôle des techniques du cours.
1. Quels sont les éléments de l'anatomie d'un bon prompt ?
Réponse : Un objectif clair, du contexte, des contraintes explicites et un format de sortie spécifié — chaque élément absent est une décision laissée au hasard du modèle.
2. Quand le few-shot est-il la bonne technique ?
Réponse : Quand le résultat attendu est plus facile à montrer qu’à décrire : formats précis, tons subtils, cas limites — un ou deux exemples calibrent mieux que dix consignes.
3. Que change le chain-of-thought sur une tâche complexe ?
Réponse : Demander le raisonnement avant la conclusion réduit les erreurs : le modèle déroule les étapes au lieu de sauter à une réponse plausible.
4. Qu'est-ce que le méta-prompting ?
Réponse : Faire écrire ou améliorer un prompt par ChatGPT lui-même : on décrit la tâche et les échecs constatés, il propose une version optimisée — un accélérateur, à valider par le test.
5. Citez trois des erreurs de prompting les plus courantes.
Réponse : Demander plusieurs choses à la fois sans structure, omettre le format de sortie, et ne pas itérer — accepter la première réponse au lieu d’affiner par retours successifs.
L’atelier qui précède transforme ces techniques en workflows personnels — c’est là que le cours devient un réflexe.