Confidentialité et sécurité de vos données
Mis à jour le 29 juillet 2026
Protéger vos données quand vous utilisez ChatGPT
La question est légitime : quand vous tapez quelque chose dans ChatGPT, où va ce texte, qui peut le lire, et sert-il à entraîner les modèles ? Les réponses sont publiques et les réglages correspondants tiennent dans deux écrans de paramètres. Encore faut-il les connaître avant de coller un document confidentiel dans une conversation.
Ce qu’OpenAI fait de vos échanges
Sur les plans Free et Plus, avec les réglages d’origine, vos conversations peuvent servir à améliorer les modèles futurs. OpenAI indique que ces données sont anonymisées et agrégées, mais elles sont stockées sur ses serveurs et peuvent être consultées dans certains cas — sécurité, détection d’abus, amélioration du service. Ce n’est ni scandaleux ni anodin : c’est un paramètre par défaut, et il se modifie.
Deux réglages se trouvent dans Settings > Data Controls. Le premier, Chat history & training, gouverne à la fois l’entraînement et l’historique. Le désactiver empêche l’utilisation de vos conversations pour entraîner les modèles, au prix de deux conséquences à accepter en connaissance de cause : vos nouvelles conversations ne sont plus enregistrées, et vous perdez l’accès à l’historique. Les échanges restent conservés trente jours pour la modération, puis sont supprimés — couper l’historique ne fait donc pas disparaître les données instantanément.
Le second réglage concerne la Memory : vous pouvez la désactiver complètement, consulter ce que ChatGPT a retenu sur vous et supprimer un souvenir précis, ou tout effacer d’un coup. Jetez-y un œil de temps à autre — ce que le modèle a mémorisé de vos échanges professionnels surprend souvent.
Les plans Business et Enterprise changent la donne : données jamais utilisées pour l’entraînement par défaut, contrôle granulaire de l’administrateur sur les politiques de données, et isolation des contenus vis-à-vis des autres utilisateurs.
Ce qui n’a rien à faire dans une conversation
Quelle que soit votre configuration, certaines informations ne devraient jamais être saisies. Les mots de passe et identifiants d’abord : ne demandez jamais à ChatGPT de les stocker ou de les gérer, ce n’est ni son rôle ni un endroit conçu pour cela. Viennent ensuite les numéros de carte bancaire et les données financières personnelles, les données de santé sensibles — dossiers médicaux détaillés de patients — et tout ce qui relève des informations classifiées ou du secret défense.
Deux catégories sont moins évidentes et pourtant tout aussi exposées. Les données personnelles de tiers, d’abord, communiquées sans leur consentement : noms, adresses, numéros de sécurité sociale. Le code source propriétaire, ensuite, dès lors qu’il embarque des clés API ou d’autres secrets — coller un fichier de configuration « juste pour comprendre une erreur » est le geste le plus banal et le plus coûteux.
Une question tranche les cas douteux : seriez-vous à l’aise si cette information était publiée en ligne ? Si la réponse est non, ne l’envoyez pas — ou anonymisez-la d’abord.
Anonymiser plutôt que renoncer
L’anonymisation permet de travailler sur des données sensibles sans les exposer. Remplacez les noms par des pseudonymes du type « Client A » ou « Employé B », supprimez les identifiants directs — emails, téléphones, adresses — arrondissez les chiffres qui pourraient identifier une entité, et retirez les métadonnées des fichiers avant de les joindre. L’analyse reste valable : ChatGPT raisonne sur des structures et des tendances, pas sur l’identité des personnes.
Vous pouvez même confier ce travail à l’outil, sur un extrait déjà expurgé des données les plus sensibles.
« Voici un jeu de données que je veux analyser. Avant de commencer, aide-moi à l’anonymiser en remplaçant les noms par des codes et en supprimant les informations identifiantes. »
Trois profils, trois configurations
Pour un usage strictement personnel, sans données sensibles, le réglage de l’historique et de l’entraînement importe peu et la mémoire activée apporte un vrai confort. Pour un usage professionnel sur des données non sensibles, désactivez l’historique et l’entraînement si votre entreprise l’exige, et gardez la mémoire active en vérifiant régulièrement ce qu’elle retient. Sur des données sensibles, désactivez les deux, anonymisez systématiquement, et envisagez le plan Business pour les garanties supplémentaires qu’il apporte.
Vos droits en Europe
Le RGPD s’applique aux utilisateurs européens. OpenAI a nommé un représentant en Europe, et vous disposez du droit d’accéder à vos données, de les rectifier et de les supprimer. L’export complet se demande dans Settings > Data Controls > Export data, et la suppression du compte entraîne celle des données associées.
Faites le tour de vos réglages dès maintenant : ouvrez Settings > Data Controls, décidez si vos conversations doivent servir à l’entraînement, puis lisez dans Settings > Personalization > Memory ce que ChatGPT a mémorisé sur vous. Demandez l’export de vos données pour constater ce qui est conservé. Et si vous utilisez ChatGPT au travail, vérifiez la politique interne de votre entreprise sur les outils d’IA : beaucoup en ont une, peu l’ont lue, et le risque de conformité se matérialise toujours au pire moment.
Points clés à retenir
- Par défaut, vos conversations peuvent être utilisées pour entraîner les modèles — c’est désactivable dans les paramètres
- Ne partagez jamais de mots de passe, données financières, données de santé ou informations classifiées
- Anonymisez les données sensibles avant de les soumettre à ChatGPT
- Le plan Business offre des garanties de confidentialité supplémentaires pour les entreprises
- Vérifiez régulièrement vos paramètres de confidentialité et ce que la mémoire de ChatGPT a retenu