Sécurité des données internes
Mis à jour le 28 juillet 2026
Trois questions qui arrivent toujours dans le même ordre
Donner accès à vos données internes à un moteur de recherche IA soulève des interrogations légitimes, qui se présentent invariablement dans cet ordre. Comment garantir que les données restent confidentielles ? Que les permissions existantes sont respectées ? Que personne, pas même Mistral, n’accède à des informations non autorisées ? Voici l’architecture de sécurité d’Enterprise Search et les contrôles que votre équipe sécurité pourra auditer.
Isolation et chiffrement
Chaque organisation dispose d’un environnement complètement isolé : l’index sémantique de votre entreprise est séparé de celui des autres clients de Mistral. Cette isolation est garantie au niveau de l’infrastructure, par des bases de données séparées, des clés de chiffrement distinctes et l’absence de mutualisation des ressources de calcul pour l’indexation. Autrement dit, il n’existe pas de chemin technique par lequel la requête d’un autre client pourrait atteindre vos documents.
Les données sont chiffrées à chaque étape. En transit, TLS 1.3 protège les communications entre vos connecteurs et Enterprise Search. Au repos, l’index sémantique et les métadonnées sont chiffrés en AES-256. En mémoire, les données ne sont déchiffrées que le temps du traitement de la requête. Les clés sont gérées par un HSM certifié FIPS 140-2 et, sur demande, vous pouvez fournir les vôtres selon le principe du BYOK — option que réclament les organisations qui exigent de pouvoir révoquer l’accès sans dépendre d’un tiers.
Le contrôle des permissions
Enterprise Search ne crée pas son propre système de permissions : il réplique celles de chaque source connectée. Un document Drive partagé avec dix personnes n’apparaîtra que pour ces dix personnes. Un espace Confluence restreint à l’équipe engineering restera invisible pour les commerciaux, y compris lorsqu’ils posent une question dont la réponse s’y trouve. Un canal Slack privé n’est accessible qu’à ses membres, même si son contenu a été indexé. Le mécanisme fonctionne en continu : une modification de permission dans la source est reflétée au prochain cycle de synchronisation, soit quelques minutes à une heure selon la configuration.
Trois situations méritent une attention particulière, car elles traduisent l’état réel de vos sources et non un défaut du produit. Les fichiers partagés en mode « Quiconque a le lien » dans Google Drive deviennent visibles par tous les utilisateurs d’Enterprise Search, puisque c’est exactement la permission appliquée : auditez ces partages, souvent vestiges d’un échange ponctuel avec un prestataire. L’héritage de permissions demande la même vigilance, un sous-dossier reprenant les droits de son parent, ce qui peut exposer plus largement que prévu un dossier déplacé. Enfin, le compte de service du connecteur doit disposer des permissions minimales nécessaires, et son périmètre être revu à chaque ajout de source.
La traçabilité
Chaque interaction est journalisée : qui a posé la question, avec son identifiant et l’horodatage, quels documents ont été consultés dans les résultats, quelle réponse a été générée, ainsi que le temps de réponse et le modèle utilisé. Ces logs sont exportables aux formats standard JSON et CSV et s’intègrent dans votre SIEM, qu’il s’agisse de Splunk, d’Elastic ou de QRadar. L’intérêt n’est pas seulement réglementaire : ce journal est ce qui vous permettra, en cas de suspicion, de reconstituer précisément ce qu’un utilisateur a vu.
La console d’administration permet en outre de configurer des alertes. Un volume anormal de requêtes émanant d’un même utilisateur signale une possible exfiltration de données et mérite un examen rapide ; les tentatives d’accès à des documents hors périmètre, les erreurs d’authentification répétées et les modifications de configuration des connecteurs complètent le dispositif. Ces alertes doivent aboutir chez quelqu’un de nommément désigné, faute de quoi elles s’accumulent sans être traitées.
Les requêtes et les réponses suivent la même politique de rétention que Le Chat Enterprise : traitées en temps réel puis supprimées en rétention zéro, conservées pendant une durée définie à des fins d’audit en rétention configurable. Les métadonnées d’utilisation, volume et horodatage, sont conservées indépendamment pour la facturation.
Les audits externes
Mistral AI soumet Enterprise Search à des tests de pénétration trimestriels menés par des cabinets indépendants et à un audit SOC 2 Type II annuel, et maintient un programme de bug bounty récompensant les chercheurs en sécurité. Les rapports de pentest et les certifications sont disponibles sur demande pour vos équipes sécurité. Demandez-les tôt : leur examen prend du temps et conditionne souvent l’avis favorable du RSSI.
Avant d’activer le service
Votre RSSI a six vérifications à mener avant l’ouverture. Il commence par revoir les connecteurs activés et les permissions accordées, puis audite les fichiers partagés en « lien public » dans vos sources — c’est là que se logent les surprises. Il fixe ensuite la politique de rétention des requêtes et intègre les audit logs dans votre SIEM, afin que la surveillance soit opérationnelle dès le premier jour. Il teste enfin la séparation des permissions, en s’assurant qu’un utilisateur test ne voit pas les documents d’une autre équipe, et documente l’architecture de sécurité pour votre registre de traitement RGPD.
De ces six vérifications, le test de séparation des permissions est celui qu’on saute le plus volontiers, alors qu’il est le seul à produire une preuve directe. Créez un compte de test rattaché à une équipe, posez-lui des questions dont les réponses se trouvent ailleurs, et conservez la trace du résultat : c’est elle que vous présenterez au prochain audit interne.
Points clés à retenir
- Les données sont isolées par organisation, chiffrées au repos et en transit, avec des clés dédiées
- Les permissions de vos outils source sont répliquées automatiquement — aucun contournement possible via Enterprise Search
- L’audit trail complet est exportable vers votre SIEM
- Un audit des partages « lien public » et des comptes de service est indispensable avant le déploiement