Aller au contenu principal

Détecter les arnaques et le phishing avec ChatGPT

Mis à jour le 28 juillet 2026

Un second regard avant de cliquer

Des millions de personnes reçoivent chaque jour des e-mails frauduleux, des messages de phishing ou des offres trop belles pour être vraies. Le danger n’est pas de ne pas savoir qu’elles existent, c’est de tomber dessus un jour de fatigue, entre deux réunions, quand le message ressemble suffisamment à un vrai. ChatGPT avec recherche web vous offre un second regard : il peut analyser un message, chercher si une adresse ou un site a déjà été signalé, et vous rendre un avis argumenté en quelques secondes. Cette leçon vous apprend à l’utiliser pour vérifier la légitimité d’un message, d’un site ou d’une offre suspecte.

Les signaux qui doivent vous arrêter

Avant même d’ouvrir ChatGPT, certains indices se repèrent à l’œil nu. L’urgence artificielle en est le plus constant : « Votre compte sera fermé dans 24h », « Offre valable uniquement aujourd’hui » — la pression temporelle sert à court-circuiter votre réflexion. Les fautes d’orthographe dans un courrier prétendument officiel restent un indice, tout comme une adresse d’expéditeur qui imite sans reproduire, du type [email protected] en lieu et place du domaine @amazon.fr. Un lien raccourci ou masqué mérite d’être survolé avant tout clic, afin de voir où il mène réellement. Enfin, deux demandes doivent déclencher un arrêt immédiat : celle d’une information sensible — mot de passe, numéro de carte, code de vérification — et celle d’ouvrir une pièce jointe que vous n’attendiez pas, facture inconnue ou document à « vérifier d’urgence ».

Un avertissement s’impose ici : le phishing de 2026 n’a plus de fautes d’orthographe. Les campagnes sont rédigées avec soin, imitent la charte graphique d’origine et reprennent parfois des éléments réels de votre relation avec l’entreprise usurpée. Un message bien écrit n’est donc pas un message légitime, et un seul signal rassurant ne suffit jamais à conclure.

Faire vérifier par ChatGPT

Pour un e-mail douteux, copiez son contenu — sans cliquer sur le moindre lien — et demandez : « Voici un e-mail que j’ai reçu. Peux-tu analyser s’il s’agit d’un phishing ou d’un e-mail légitime ? Vérifie notamment l’adresse d’expédition, le ton du message et les liens mentionnés. » ChatGPT relève les signaux d’alerte présents dans le texte et cherche si le message correspond à des campagnes de phishing déjà documentées.

Quand c’est un site qui vous inspire des doutes, la demande porte sur sa réputation et son ancienneté : « Le site [URL] est-il légitime ? Cherche des avis, des signalements d’arnaque et vérifie depuis quand ce domaine existe. » Un domaine créé trois semaines plus tôt pour vendre des produits à moitié prix se disqualifie souvent tout seul.

Devant une offre commerciale anormalement avantageuse, faites porter la vérification sur le prix de marché autant que sur le vendeur : « J’ai vu une offre pour [produit] à [prix] sur [site]. Est-ce un prix normal ? Y a-t-il des signalements d’arnaque liés à ce site ou cette offre ? » Et avant de confier vos informations à une société que vous ne connaissez pas, demandez : « L’entreprise [nom] basée à [lieu] est-elle légitime ? Cherche des avis, son numéro SIRET, des mentions légales et d’éventuels signalements. » L’absence de mentions légales identifiables est en soi une réponse.

Sachez précisément ce que vous obtenez en retour. ChatGPT lit du texte : il analyse le message que vous lui avez copié et cherche ce qui se dit publiquement du domaine ou de l’entreprise. Il n’ouvre pas les liens malveillants, ne scanne pas les pièces jointes et ne détecte pas un code hostile dissimulé dans un fichier. Un avis favorable de sa part ne vous autorise donc pas à cliquer sur une pièce jointe que vous n’attendiez pas — il ne remplace ni un antivirus, ni le coup de téléphone à votre banque pour vérifier qu’elle vous a bien écrit.

Rester à jour sur les techniques

Les modes opératoires évoluent vite, et connaître ceux du moment vaut mieux que réagir au coup par coup. Les arnaques à l’IA, sous forme de faux outils gratuits qui aspirent vos données, se multiplient ; les deepfakes vocaux imitent la voix d’un proche ou d’un supérieur au téléphone ; les faux investissements crypto promettent des rendements irréalistes ; le phishing par SMS, ou smishing, joue sur le colis en attente et l’amende à payer ; les arnaques au support technique affichent une fausse alerte de sécurité sur votre écran pour vous faire appeler un numéro. Posez régulièrement la question « Quelles sont les arnaques les plus répandues en France en ce moment ? » : c’est une veille de deux minutes qui vous évite de découvrir une technique en la subissant.

Exercice de calibrage

Retrouvez dans votre boîte un message suspect, copiez son contenu dans ChatGPT et demandez l’analyse, puis comparez-la à votre propre évaluation. Recommencez ensuite avec un message parfaitement légitime — une confirmation de commande, une notification bancaire authentique — pour voir si la distinction est faite correctement.

Ce second essai est le plus instructif des deux. Si l’analyse qualifie de suspect un message que vous savez authentique, vous venez d’apprendre où se situe le seuil de prudence de l’outil, et vous saurez désormais pondérer ses verdicts au lieu de les prendre pour des sentences. Un second regard n’a de valeur que si vous savez comment il regarde.

Points clés à retenir

  • ChatGPT est un excellent outil pour analyser un e-mail, un site ou une offre suspecte
  • Copiez le contenu suspect dans ChatGPT sans cliquer sur les liens
  • Les signaux classiques restent valables : urgence, fautes, adresses suspectes, demandes d’informations sensibles
  • Les arnaques évoluent : utilisez la recherche web pour rester informé des nouvelles techniques
  • ChatGPT complète mais ne remplace pas un antivirus et votre propre vigilance