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Fact-checking : vérifier une information

Mis à jour le 28 juillet 2026

Vérifier vite, vérifier bien

Fausses études, chiffres inventés, citations tronquées, images sorties de leur contexte : la désinformation se propage plus vite que jamais, et vous y êtes exposé quotidiennement, souvent par des personnes de bonne foi qui relaient sans vérifier. Tout le monde sait qu’il faudrait vérifier ; ce qui manque, c’est une méthode assez rapide pour qu’on la suive vraiment — deux minutes, pas une heure. ChatGPT avec recherche web rend ce délai atteignable : il retrouve la source d’origine, cherche ce qu’en disent d’autres publications et vous restitue le résultat en clair. Reste à mener l’interrogation dans le bon ordre, sans quoi vous obtiendrez surtout la confirmation de ce que vous pensiez déjà.

Le cadre SIFT

La méthode SIFT, développée par Mike Caulfield, tient en quatre gestes. Stop : arrêtez-vous avant de partager ou de croire une information — c’est le geste le plus difficile, car le partage précède presque toujours la réflexion. Investigate the source : qui dit cela, et cette source est-elle fiable ? Find better coverage : d’autres sources fiables rapportent-elles la même chose ? Trace claims : remontez à la source originale de l’affirmation. ChatGPT peut vous assister à chacune de ces étapes, à condition que vous les mainteniez distinctes plutôt que de tout demander en bloc.

Le point de vigilance porte sur la formulation. Une question orientée oriente la recherche : demandez « Est-il vrai que [affirmation] ? Cherche des sources fiables qui confirment ou démentent cette information », et non « Prouve que… ». La neutralité de la question conditionne la neutralité de la réponse, et cela s’applique à des vérifications aussi banales que « Est-il vrai que la France est le premier producteur de vin au monde en 2026 ? » ou « Est-il exact que [personnalité] a déclaré [citation] ? ».

Remonter la chaîne d’une donnée

Un chiffre qui circule a presque toujours une origine, et cette origine dit souvent autre chose que ce qu’on lui fait dire. Posez la question ainsi : « Le chiffre selon lequel [statistique] est souvent cité. Quelle est la source originale de ce chiffre ? Est-il toujours d’actualité ? » La seconde partie de la question compte autant que la première : un pourcentage exact en 2020 peut être devenu faux depuis, sans que personne ne l’ait mis à jour dans les articles qui le reprennent.

Le même travail vaut pour les citations, dont la circulation apocryphe est un phénomène ancien et massif. « [Personnalité] a-t-elle vraiment dit [citation] ? Quelle est la source originale ? » suffit à écarter une bonne partie des attributions fantaisistes. Pour une image ou une vidéo qui vous semble suspecte, la formulation la plus efficace passe par les vérificateurs professionnels : « Cette image qui circule sur les réseaux sociaux montrant [description] est-elle authentique ? A-t-elle été signalée comme fausse ou trompeuse par des fact-checkers ? »

S’appuyer sur les vérificateurs professionnels

Plusieurs rédactions se consacrent exclusivement à ce travail, et nommer les bonnes dans votre demande améliore nettement la qualité de la réponse. AFP Factuel est le service de vérification de l’Agence France-Presse ; Les Décodeurs, au Monde, vérifient des informations en français ; Snopes fait référence à l’international ; Full Fact mène un travail britannique rigoureux ; PolitiFact se concentre sur les déclarations politiques dans le monde anglophone. Une requête du type « Que disent les fact-checkers (AFP Factuel, Les Décodeurs) sur [affirmation] ? » vous donne accès à des vérifications déjà menées, souvent plus documentées que ce que vous produiriez seul.

Mettre la méthode à l’épreuve

Prenez une information vue passer récemment sur les réseaux sociaux ou entendue dans une conversation, et déroulez SIFT sans sauter d’étape : ne la partagez pas encore, demandez qui en est la source, cherchez si d’autres sources fiables la confirment, puis remontez à la source primaire. Comparez le résultat à votre intuition de départ — l’écart, quand il existe, est la meilleure leçon que ce cours puisse vous donner.

Trois pièges guettent en chemin. Le premier est le biais de confirmation, qui vous fait chercher ce qui conforte déjà votre opinion : demandez explicitement les arguments contraires. Le deuxième est le raisonnement par volume, car une fausse information répétée mille fois reste fausse. Le troisième est l’oubli du contexte : une statistique exacte peut induire en erreur si l’on tait ce qu’elle mesure et sur quel périmètre, d’où l’intérêt de réclamer systématiquement le contexte complet. Retenez enfin que tout n’est pas vérifiable — certaines affirmations sont des opinions, pas des faits, et savoir faire la distinction fait partie du travail.

Points clés à retenir

  • Appliquez la méthode SIFT : Stop, Investigate, Find, Trace
  • Formulez vos vérifications de manière neutre pour éviter d’orienter la recherche
  • Remontez toujours à la source originale d’un chiffre ou d’une citation
  • Utilisez les sites de fact-checking reconnus comme référence
  • Le fact-checking est un réflexe à développer, pas une démarche ponctuelle