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Sécurité, conformité et protection des données

Mis à jour le 28 juillet 2026

La question que pose chaque DSI

Avant d’autoriser ChatGPT dans l’entreprise, la direction des systèmes d’information pose toujours la même question : où vont nos données ? Une réponse vague fait basculer le dossier dans la pile des sujets à réexaminer plus tard. Une réponse factuelle, appuyée sur des engagements contractuels et des certifications vérifiables, débloque la validation. Cette leçon vous donne de quoi rassurer les décideurs quand c’est justifié, et les alerter quand ça l’est aussi.

Le modèle de données d’OpenAI pour les entreprises

Sur les plans Business et Enterprise, OpenAI applique un principe fondamental : les données des conversations ne sont pas utilisées pour entraîner les modèles. Cet engagement est inscrit contractuellement, et pas seulement dans les conditions générales — la nuance compte le jour où votre service juridique demande sur quel document il peut s’appuyer.

Concrètement, les prompts et les réponses de vos collaborateurs ne servent jamais à améliorer GPT-5 : le rapport d’audit qu’un contrôleur de gestion fait relire ne ressortira pas dans la réponse d’un autre client. Les fichiers uploadés, PDF, Excel ou images, sont traités en mémoire puis supprimés après traitement.

Les conversations sont stockées chiffrées, en AES-256 au repos et en TLS 1.3 en transit. Vous choisissez enfin la rétention applicable au workspace, parmi trente jours, quatre-vingt-dix jours ou suppression immédiate.

La comparaison avec les plans individuels éclaire la valeur de cet engagement. Sur Free et Go, les conversations peuvent être utilisées pour l’entraînement, sauf si l’utilisateur désactive lui-même l’option, ce que la plupart des gens ne font jamais. Sur Plus, c’est désactivé par défaut, mais réactivable. Sur Business et Enterprise, la désactivation est irréversible et s’applique au niveau du workspace : aucun collaborateur ne peut la modifier, même par erreur.

Conformité et certifications

Le plan Enterprise est couvert par un rapport SOC 2 Type II. Un auditeur indépendant y a vérifié non pas l’existence des contrôles de sécurité d’OpenAI, mais leur fonctionnement effectif sur une période prolongée. Ce rapport est disponible sur demande sous NDA, et c’est généralement la pièce que réclame un RSSI avant de signer.

Du point de vue du RGPD, OpenAI agit comme sous-traitant, au sens de processor, et un Data Processing Agreement est disponible pour les plans Business et Enterprise. Quatre points structurent le dossier. La base légale relève de l’intérêt légitime ou du consentement, selon l’usage. Les transferts internationaux sont couverts par les Standard Contractual Clauses de l’Union européenne. Les données sont traitées aux États-Unis par défaut, Enterprise ouvrant la possibilité de négocier des options de résidence européenne. Le droit à l’effacement s’applique : vous pouvez demander la suppression de l’intégralité des données de votre workspace.

D’autres cadres complètent le tableau. Enterprise propose un BAA, Business Associate Agreement, pour les organisations de santé soumises à HIPAA aux États-Unis. OpenAI est certifié ISO 27001. Pour les exigences relevant de SOX, les contrôles couverts par le rapport SOC 2 répondent aux points pertinents.

Ce que vous devez vérifier avant de déployer

L’ouverture des accès suppose une série de vérifications préalables, et l’ordre dans lequel vous les menez a son importance. Vérifiez d’abord que votre plan exclut bien les données de l’entraînement : c’est le cas par défaut sur Business et Enterprise, mais confirmez-le dans votre contrat plutôt que sur la foi d’une page marketing. Signez ensuite le DPA, disponible dans la console admin ; c’est une obligation RGPD, pas une formalité administrative.

Configurez alors la rétention des données, en écartant le paramètre par défaut si votre politique interne impose une durée précise. Documentez ensuite les finalités de traitement : votre registre des traitements RGPD doit inclure ChatGPT au même titre que vos autres outils, et l’oubli se voit immédiatement lors d’un contrôle. Informez enfin vos collaborateurs de la manière dont leurs données sont utilisées dans le cadre de l’outil.

Les zones grises qu’aucun paramétrage ne résout

La première concerne les données sensibles saisies dans les prompts. Même exclues de l’entraînement, elles transitent par les serveurs d’OpenAI, ce qui impose des règles explicites sur ce qui peut ou non être saisi : données personnelles de clients, informations financières non publiques, secrets industriels.

La deuxième tient à la mémoire auto-organisée, qui retient des informations d’une conversation à l’autre. Sur Enterprise, les administrateurs peuvent la désactiver ou la limiter par groupe d’utilisateurs, encore faut-il avoir tranché la question plutôt que de laisser le réglage par défaut décider à votre place.

La troisième porte sur les fichiers partagés. Dès que vous connectez un Google Drive ou un SharePoint, ChatGPT lit les documents, et un dossier ouvert à toute l’entreprise le restera vu depuis ChatGPT. Retenez donc que le plus grand risque de sécurité n’est pas une faille dans le chiffrement d’OpenAI, mais un collaborateur pressé qui colle un contrat confidentiel dans la version gratuite depuis son téléphone personnel, faute d’accès professionnel. Fournir un accès encadré coûte moins cher que de laisser les équipes se débrouiller avec des comptes sur lesquels vous n’avez aucune visibilité.

Points clés à retenir

  • Sur Business et Enterprise, l’exclusion des données de l’entraînement est contractuelle et irréversible au niveau du workspace, contrairement à Free, Go et Plus.
  • Chiffrement AES-256 au repos et TLS 1.3 en transit, rétention configurable à 30 jours, 90 jours ou suppression immédiate.
  • SOC 2 Type II couvre Enterprise (rapport sous NDA) ; ISO 27001 est acquis, HIPAA passe par un BAA Enterprise, SOX est couvert par les contrôles SOC 2.
  • Le DPA, le registre des traitements et l’information des collaborateurs sont des obligations RGPD à traiter avant l’ouverture des accès.
  • Les risques résiduels sont humains : données sensibles dans les prompts, mémoire persistante non arbitrée, permissions de partage mal configurées en amont.